la Claribol en Si Binette la Claribol en Si Binette la Claribol en Si Binette
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Clarinette n.f. Instrument de torture utilisé par une personne qui a du coton dans les oreilles. Il y a deux instruments qui sont pires qu'une clarinette - deux clarinettes.
[Ambrose Bierce]

Histoire de la Clarinette




La clarinette est un tuyau cylindrique percé de trous, ouvert à l'une des extrémités et quasi obstrué à l'autre par une anche simple battante. Celle ci, sous l'effet du souffle de l'instrumentiste met en vibration la colonne d'air du tuyau. L'ouverture (la fermeture) des trous provoque la réduction (l'allongement) de la colonne d'air et, de ce fait, modifie la hauteur des sons.
La clarinette est un instrument relativement jeune puisqu"elle a moins de 300 ans.
Comme la plupart des instruments à vent anciens ont perdu leur embouchure, on ne peut affirmer en toute certitude que la clarinette ait des ancêtres lointains.
D'après André SCHAEFFNER, dans l'Egypte ancienne, à partir du troisième millénaire, serait attestée l'existence de clarinettes doubles - ou plutôt pour éviter tout anachronisme, de "pré-clarinettes doubles" faites de deux tuyaux cylindriques de roseau de longueurs différentes attachés parallèlement.
L'un et l'autre sont mis en vibration au moyen d'une anche, laquelle consiste en un tuyau de roseau dont on a détaché une languette par une double fente pratiquée longitudinalement. Pour en jouer, le musicien doit enfoncer entièrement dans la bouche les deux languettes taillées (qui servent d'anches) sur les bords du roseau.
L'arghoul arabe, la zummâra et la cai ken doi annamite en seraient, de nos jours, d'incontestables survivants, tandis que la launeddas, encore pratiquée en Sardaigne, fournirait un modèle de "pré-clarinettes triples". Il semble également que le gheteh égyptien ait lui aussi quelques analogies avec la clarinette.
  • l' aulos grec, mentionné par HOMERE, et la tibia romaine sont des proches parents de l' arghoul .
  • le tarogato : instrument originaire des pays de l'Est.
    • Cette famille comprend deux membres :
    • l'un est apparenté aux hautbois : cet instrument était répandu en Hongrie au XVIIième-XVIIIième siècle dans les résidences seigneuriales comme dans les camps des kurucs.
    • l'autre membre est apparenté à la clarinette : construit par la maison SCHUNDA de Budapest, il est présenté en 1896 à l'exposition de la Hongrie millénaire comme "un rappel des temps historiques".
  • le chalumeau à anche simple : descendant de la ciaramella selon les italiens...
Quittons cette généalogie incertaine pour en venir à la clarinette actuelle qui dérive du chalumeau français.
Le chalumeau français est considéré comme étant l'ancêtre direct de la clarinette.
En Tchécoslovaquie, il existe des instruments folkloriques, fanfarka, ressemblant à de petits chalumeaux et on trouve an Allemagne une sorte de chalumeau à deux clés avec embouchure de clarinette, connus sous le nom de Kinder-clarinette.
chalemie
Le terme chalemie ou chamelle désigne aussi bien des instruments primitifs à un, deux ou trois tuyaux que des formes plus évoluées fondées sur le principe de l'anche double, en paille ou en roseau.
Venues, semble-t-il, du Proche-Orient au 12° siècle, les chamelies forment au Moyen-Age une famille complète d'anches doubles que cite, vers 1340, le poète LEFEVRE DE RESSON en les affiliant aux cornemuses ou aux doucennes.
En 1847, J. TINCTORIS compare les chalemies aux "tibiae". Elles ont alors six, sept ou huit trous. Dans ce dernier cas, les septième et huitième trous, selon la position de la main, peuvent émettre le même son. Les anches sont fixées sur un cuivret, tuyau fin et métallique que l'on introduit dans l'extrémité du tuyau conique.
Ainsi, les chalmies sont-elles les ancêtres directs du hautbois classique.
Etait-elle l'instrument grave appelé flûte eunuque (monophone) ? A n'en pas douter, la clarinette faisait cependant partie de l'ensemble des instruments à vent désignés par les Grecs sous l'appelation d'auloi.
Mais seul ARISTOTE en parle lorsqu"il dit "l'anche oblique" (l'anche simple) donne à l'aulos des sons plus doux parce que "l'air" (le souffle) y pénètre immédiatement dans un espace plus large que dans l'anche double.

Etymologie du mot "chalumeau" :

Le mot chalumeau, autrefois chalemiau, vient du bas latin calamellus, diminutif de calamus, signifiant : roseau.

En étranger dans le texte :

Description du chalumeau :



"On est isolé de tout, et on n'entend aucun bruit, si ce n'est, à la tombée du soir, les chalumeaux des bergers qui rassemblent leurs chèvres dans les montagnes alentours".
Le nom de chalumeau a été appliqué à divers instruments à vent à anche. De façon générale, il désigne un pipeau pastoral fait à partir d'un épi de maïs ou peut-être du chalumeau de blé. Il a été décrit par le Père MERSENNE dans son "Harmonie Universelle" (1630).
Le chalumeau du Moyen-Age se composait d'un corps ordinairement en roseau, quelquefois en buis, et d'une anche battante également faite d'une languette de roseau. Sa colonne d'air était cylindrique et il ne pouvait produire qu"une série de sons fondamentaux.
Au XVIème et XVIIème siècles, les français utilisaient un instrument semblable dont l'anche était montée sur une sorte de bec placé dans une capsule à l'extrémité de laquelle était placé un petit tube qui servait d'embouchure. Cet instrument ne possédait pas de pavillon. Son échelle sonore, c"est-à-dire l'ensemble des sons produits, était d'une neuvième chromatiquement incomplète et les sons en étaient mats.
Ce chalumeau ne paraît pas avoir attiré l'attention particulière des facteurs avant la fin du XVIIème siècle. A cette époque, il forme une famille complète de quatre instruments :
Le Bayerisches National Museum à Munich conserve deux chalumeaux de grandeurs différentes. De par sa taille, le plus petit est sans doute le soprano, le plus grand en ut est fort probablement le ténor. Il est muni de deux clés dont la date de leur invention n'est pas connue mais remonte sans doute au Moyen-Age.

Nota Bene : cette famille ne serait-elle pas aussi un héritage de XVIième siècle ?
La facture instrumentale n'est pas restée indifférente au grand mouvement artistique de la Renaissance qui, non seulement améliore, épure la forme, mais range en familles complètes, du soprano à la basse, les instruments que lui a légué le Moyen-Age.
Ainsi, en 1620, Praetorius, dans son "Syntagma Musicum", donne la nomenclature de différentes familles.


Etendue du chalumeau à deux clés :


(X) l'intonation de cette note est douteuse, Majers lui donne l'intonation du Si b


Emploi du chalumeau :

Quelques compositeurs ont utilisés le chalumeau, notamment : Ariosti, Bononcini, Fux, Gluck, Graupner, Händel, Hasse, Keiser, Telemann, Dittersdorf, Ziani, Caldara, Vivaldi, ...


Première moitié du XVIII° siècle :

L'étendue du chalumeau à anche simple battante et tuyau cylindrique est vraiment très petite. Aussi, les instrumentistes essayent d'obtenir des sons supplémentaires en changeant la position des lèvres.
Johann-Christophe DENNER, très intéressé par ce phénomène, fait de nombreuses recherches et, vers 1690-1700, parvient, à l'aide d'une clé placée au tiers supérieur de l'instrument, à résoudre ce problème.
L'innovation de J.-C. DENNER consiste à supprimer la capsule pour que l'anche soit en contact direct avec l'une des lèvres de l'instrumentiste et l'autre repose sur le bec d'où des sons harmoniques impossibles d' obtenir autrement.
D"autre part, voulant atteindre des harmoniques élevées, il réduit le diamètre de la perce du tube et évase l'extrémité de l'instrument.
Enfin, pour obtenir une gamme plus complète et pour éviter qu"il se produise un trou de quatre sons entre la fondamentale la plus élevée de la série et le premier des harmoniques, il a recours à d'autres améliorations comme le principe du quintoiement .
J.-C. DENNER fait une découverte capitale en perçant un trou exactement au tiers supérieur du chalumeau. Le quitoiement est ainsi trouvé et le principe acoustique du nouvel instrument est établi.
Ainsi, J.-C. DENNER porte à deux le nombre de clés de l'instrument : la clé du La médium et la clé du quintoiement; les doigtés artificiels portent l'étendue de l'instrument à deux octaves et une quinte (avec des lacunes).
Les innovations apportées au chalumeau sont telles que l'instrument si différent qui en résulte vers 1690 mérite amplement une nouvelle dénomination, celle de clarinette.

Pourquoi le nom de clarinette?

Le caractère éclatant, parfois criard, du nouveau registre (registre des douzièmes) n'était pas sans rappeler, surtout à distance, celui de la clarine - trompette aiguë - avec laquelle on confondait facilement l'instrument.
On baptisa donc ce dernier de clarinette (le terme semble apparaître en France vers 1716). Le registre des douzième prit le nom de clarine (actuellement clairon) et le registre des fondamentales celui de chalumeau en souvenir des origines de l'instrument.

Imperfections :

A l'origine, la clarinette ou chalumeau perfectionné présentait malgré tout de notables défauts :
  • pauvreté technique
  • discontinuité dans l'échelle sonore
  • sonorité crue
  • justesse approximative résultant du percement des trous selon l'écartement naturel des doigts
  • écarts excessifs de sonorité antre les différents registres
  • impossibilité de jouer dans certains tons
  • impossibilité d'obtenir le Si naturel parce qu"il a remonté le trou de la clé du pouce de la main gauche au tiers supérieur de l'instrument. Le Si b s'obtenait en actionnant les deux clés

Etendue de la clarinette à deux clés (les notes surmontées d'une croix ne s'obtenaient que par des doigtés fourchus).
(+) Pour le si , aucun doigté n'était prévu, aussi l'instrumentiste devait essayer de l'obtenir par une gymnastique des lèvres. Dans sa méthode, Xavier Lefèvre dit qu"il fallait sortir une partie du bec de la bouche et lâcher les lèvres. Le son ne devait pas être très joli.
(o) Peu d'instrumentistes pouvaient obtenir les sons surmontés d'un (o). C"est pourquoi on dit généralement que l'étendue de ce chalumeau était de deux octaves et une quinte et non de trois octaves.

Emploi du nouvel instrument :

Malgré les déficiences, l'instrument obtient très rapidement la faveur des compositeurs :
  • E. ROGER d'Amsterdam publie vers 1716 des airs à deux clarinettes ou deux chalumeaux.
  • En juillet 1726, Jean Adam Joseph FABER, maître de chapelle à la Cathédrale d'Anvers, l'utilise dans l'orchestration de sa messe à cinq voix "Maria Assumpta" (L"orchestration était faite pour : deux violons, un alto, deux violoncelles, une contre-basse, deux flûtes, un hautbois, une clarinette, un clavecin ou orgue).
  • Antonio VIVALDI (1678-1741), écrit trois concerti pour plusieurs instruments, y compris la clarinette (voir ses concerti pour 2 clarinette et 2 hautbois).
  • Georg-Philip TELEMANN (1681-1767) l'utilise dans une symphonie.
  • Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764) l'utilise dans "Zoroastre" en 1749 et dans sa pastorale "Acante et Céphise" jouée en 1753.
  • Johann Melchior MOLTER (196-1765) compose quatre concerti pour clarinette en Ré (il est à noter que J.M. MOLTER a écrit pour le registre aigue de la petite clarinette en Ré; il semble en effet que les gens de l'époque étaient impressionnés par le son aigu, perçant, voire criard de l'instrument) et deux pour clarinette en Sib. (Ils ont été composés pour la clarinette à deux clés).
  • Jean Jacques ROUSSEAU (1712-1778) est l'auteur d'airs à deux clarinettes.
  • Philippe-Emmanuel BACH (1714-1788) l'utilise dans une sonate pour six instruments.
  • Johann STAMITZ (1717-1757) écrit un concerto pour clarinette. Il incorpore la clarinette dans le fameux "orchestre type" de Mannheim en 1754. J.Stamitz serait le premier à avoir écrit un concerto pour clarinette. Dans la préface du concerto de J. Stamitz, Gradenwitz dit qu"avant la mort de Stamitz (1757), aucun concerto pour clarinette n'était connu. Le concerto de Stamitz aurait été joué pour la première fois au "Concert Spirituel" de Paris en 1772 par le clarinettiste Joseph BEER. C"est bien plus tard que ce concerto a été édité pour la première fois.
  • Franz Xavier LEFEVRE (1763-1829) compose 12 sonates pour clarinette et clavecin. Elles ont toutes été publiées dans sa méthode qui date du 23 messidor an 10 de la République (11 juillet 1802).
  • Karol Kazimizez KURPINSKI (1785-1857) a écrit un concerto pour clarinette.


Seconde moitié du XVIII° siècle :

La clarinette, qui a été introduite en 1754 dans le fameux orchestre de la Chapelle de Mannheim, ne possède encore que deux clés.
Aussi, les clarinettistes et les fabricants mettent tout en oeuvre pour remédier à cet inconvénient.

Problème majeur :

Vers le milieu du XVIIIème siècle, l'impossibilité presque absolue pour l'exécutant de jouer dans d'autres tons que celui dans lequel l'instrument était fabriqué a obligé les facteurs d'instruments à construire des clarinettes dans presque tous les tons.
Très rapidement, on trouve le moyen de doter l'instrument de tons de rechange afin d'éviter le transport d'une série de clarinettes.On se servait en général de sept clarinettes différentes à l'orchestre en 1795. Franz Xavier LEFEVRE dit aussi qu"à son époque, grâce aux corps (ou tons) de rechange, deux clarinettes suffisent. Le corps de rechange s'adaptait au pavillon. La clarinette en Ut avait un corps de rechange pour jouer en Sib. La clarinette en Sib avait un corps de rechange pour jouer en La.
On utilisa également ce moyen pour d'autres instruments.
C"est probablement pour cette raison que les instruments appelés "bois" se divisent encore de nos jours en plusieurs parties qui s'ajustent par des tenons et des emboîtures.

Emploi de la clarinette dans les orchestres :

L"orchestre symphonique de Mannheim ayant donné l'exemple, les différentes chapelles musicales introduisent à leur tour la clarinette dans leur orchestre.
Il est à noté que, très souvent, les parties manuscrites de cette époque portent l'indication "Oboi (hautbois) o clarinetti". Dans ce cas, les passages qui sont attribués à la clarinette ne descendent jamais en dessous de la note grave du hautbois.
Ce sont les derniers représentants de l'école de Mannheim (CANNABICH - Karl STAMITZ, fils de Johann, et HOZBAUER) qui ont employé les premiers, le grave de l'échelle sonore de la clarinette.

Nota Bene
La symphonie en Mib majeur (1764) que KOCHEL a cataloguée comme étant de Mozart (K.18) est en réalité de K. Fr. ABEL qui, le premier avec J.Chr. BACH, écrivit expressément des parties pour clarinette.



Perfectionnements :

Ce n'est qu"à partir de 1760 que l'on trouve la possibilité d'améliorer la technique et de ce fait, de combler les vides dans l'échelle sonore de la clarinette. Le nouvel instrument prend de ce fait son essor, il attire de plus en plus d'artistes qui cherchent à le perfectionner et c'est ainsi qu'il deviendra au fil du temps un des piliers de l'orchestre.
Entre 1750 et 1760, le fils de J.-C. DENNER, allonge l'instrument et le dote d'un pavillon. Il ajoute une troisième clé qui permet de jouer le Mi grave et sa douzième . Cette clé se prenait avec le pouce de la main droite.
Vers 1770, la quatrième clé voit le jour et serait l'oeuvre de Barthold FRITZ. Elle permet de jouer le Sol# et sa douzième Ré# (Certains spécialistes attribuent l'adjonction de cette clé à Joseph BEER).
Il aurait également placé la clé du Mi grave de façon à pouvoir être actionnée par l'auriculaire de la main gauche. Ce qui faciliterait grandement la technique.
Vers 1775, Joseph BEER, premier grand virtuose au service du Roi de Prusse, fondateur de l'école allemande, ajoute la cinquième clé. Celle-ci permet de jouer le Fa# et sa douzième le Do# .
En 1791, Jean Xavier LEFEVRE, ajoute une sixième clé qui permet de jouer le Do# et sa douzième, le Sol# .

Nota Bene
1791 est une date importante dans l'évolution de la clarinette car, grâce à cette sixième clé, l'échelle sonore de la clarinette est complète. Aussi les compositeurs confient-ils des rôles de plus en plus importants à la clarinette.Toutefois ils devront encore tenir compte du ton de l'instrument dan lequel l'oeuvre sera exécutée.



Emplois divers :

En france, après Rameau, le Chevalier d'Herbain (1734-1769) emploie une petite clarinette en Ré dans "Céline" en 1756, Francoeur dans "Aurore et Céphale" en 1766.
C'est également en France que GLUCK découvre la clarinette. En effet, dans la partition de "Orfeo et Euridice" donnée à Vienne en 1762, on trouve encore les antiques chalumeaux, de même que dans "Alceste" exécuté à Vienne en 1767.
La clarinette est introduite à l'orchestre de l'Opéra de Paris en 1770 par Gaspar et Sader.
A cette date, l'orchestre de Vienne ne possède pas encore de clarinette.

Mozart et la clarinette :

Si de nombreux compositeurs avaient déjà utilisé la clarinette en musique de chambre, en concerto, en musique symphonique et à l'opéra, Mozart lui donna ses lettres de noblesse.
Dans "Les instruments de musique dans l'art et l'histoire", Bragard et De Hen affirment que Mozart aurait entendu la clarinette pour la première fois en 1777 à Mannheim.
Dans la revue "Musica" (janvier 1955), Georges Gourdet rapporte l'anecdote suivante : "Ah ! Si nous aussi, nous avions des clarinettes! Vous ne pouvez imaginer le splendide effet d'une symphonie avec flûtes, hautbois et clarinettes!". C"est ainsi qu"au cours d'un de ses voyages à Londres, le jeune Mozart exprimait son enthousiasme pour l'instrument qu"il venait de découvrir. Et cependant, Mozart était autrichien, la clarinette était allemande. Mozart avait vu le jour en 1756 : la clarinette était de soixante six ans son aînée.
Il aurait utilisé pour la première fois la clarinette dans une symphonie qui a été exécutée à Paris en 1778.
Que se soit dans le répertoire d'opéra, de musique symphonique et de musique de chambre, Mozart confie chaque fois à la clarinette un rôle important. On a dit des derniers quintettes de Mozart qu"ils nous donnaient la quintessence de son être le plus intime.
Ce compliment s'applique aussi parfaitement au qintette en La majeur K.581 pour clarinette et quatuor à cordes où Mozart use à merveille de cet instrument "le plus maniable et le plus souple de l'orchestre".
Il a écrit le concerto pour son ami maçonnique Antoine STADLER, virtuose de l'époque. Ce concerto, dernière oeuvre instrumentale que Mozart ait terminée, son "Requiem" étant resté inachevé, a été écrit pour une clarinette descendant au Do grave imaginée par A. STADLER qui était aussi facteur d'instruments. C"est sans doute dans l'adagio qu"il exprime le plus parfaitement l'apaisement qu"il ressentait devant la mort.
Mozart dédia à la clarinette nombre d'oeuvres telles que le concerto K622 bien sûr et le trio dit "trio des quilles" avec alto et piano, mais aussi un grand nombre de divertissement pour trois cors de basset et beaucoup d’oeuvres de musique de chambre pour vent incluant la clarinette telles que "La grande Partita" pour 13 instruments à vent, des octuors, des quintettes etc ...

Possibilités :

De même que sur le plan expressif, on ne pouvait confier des traits de grande difficulté technique à la clarinette de cette époque, il fallait sur le plan technique, tenir compte des nombreuses déficiences de l'instrument : manque d'homogénéité sonore, manque de justesse, nuances limitées, technique encore rudimentaire. Aussi, il s'en fallait de beaucoup que cet instrument bénéficiât de la faveur universelle.
Dans l'encyclopédie de DIDEROT et d'ALEMBERT au chapitre "l'Art du faiseur d'instruments", il est dit : "Dans le temps que je faisias cet article, il passe par Berlin un musicien qui jouait de la clarinette à six clés, sur laquelle on exécutait tous les modes. On a déjà remarqué combien les quatre clés sont causes de difficultés, ce doit être pis avec six".
Qu'aurait-il dit s'il avait connu la clarinette actuelle qui en possède 17 ou plus selon le système ?


Le Romantisme :

L'’âge d'or de la clarinette est incontestablement la période romantique. On voit en elle le confident idéal pour les émois de l’âme, son timbre sombre se prêtant à merveille aux drames intérieurs des compositeurs, mais sachant également manifester la véhémence quand il le faut.
Toutefois, l'évolution de l'écriture musicale, le brillant et la virtuosité exigés par cette musique nouvelle obligent les clarinettistes à réaliser de véritables prouesses avec leur clarinette à six clés, d'où nouvel objectif : rendre l'instrument plus véloce, plus homogène et plus juste grâce à l'adjonction de nouvelles clés.

Evolution :

Au début du XIXème siècle, MOLLENHAUER construit des clarinettes en buis, dotées de sept clés en laiton, les tampons en saillie sont ronds et les viroles en bois foncé.
En 1808, SIMIOT à Lyon, construit une clarinette à huit clés.
En 1809, Heinrich Joseph BARMANN adopte une clarinette à dix clés avec laquelle il joue les oeuvres écrites à son intention par Carl-Maria von WEBER qui, dans un genre extraverti, séduit par les prouesses techniques possibles, laissa à la clarinette un nombre impressionnant de concertos, duos, quintettes etc...
D"après Karl BARMANN (fils d'Heinrich Joseph), cette clarinette aurait été construite par GRESLING et SCOTT de Berlin.
Les perfectionnements les plus notoires, par la suite, sont l'oeuvre du clarinettiste virtuose et compositeur germano-esthonien Ivan MULLER (1786-1858) qui crée en 1812 un instrument à treize clés : la clarinette Système MULLER. La construction en est confiée à GENTELET, facteur à Paris. (Notons que l'Académie Royale de Paris rejetait cet instrument).
Dans sa méthode qui date de 1825 environ, le novateur déclare que "jusqu"ici, la clarinette était le plus imparfait de tous les instruments à vent".
Cette clarinette fait preuve d'une justesse inconnue auparavant, elle permet d'accéder plus facilement au suraigu et de passer sans grandes difficultés d'un registre à l'autre. I. MULLER crée aussi le mode de fixation de l'anche avec un anneau : la ligature.
Pendant de très nombreuses années, le système MULLER prévaudra et il n'y a pas longtemps, certaines harmonies d'amateurs se servaient encore parfois d'instruments de ce système.

Perfectionner le Système MULLER, pourquoi ?

Pourquoi perfectionner le système MULLER à 13 clés alors qu"il permet déjà de bénéficier de l'étendue que nous connaissons ?
Les exigences de l'écriture, la bravoure et la technique souhaitée par la musique romantique nécessitent un système encore plus perfectionné. C"est pourquoi l'on recherche toujours à le parfaire, à le compléter, à l'améliorer.

Initiateurs des premières écoles de clarinettes :

C'est en Allemagne à la fin du XVIIIième siècle et en France au XIXième siècle que s'établissent les grandes traditions de la clarinette.
  • L'école allemande de clarinette est créée par le Bohémien Joseph BEER
  • L'école française a comme initiateur Frédériech BEER (1794-1838) qui en 1831 succède à son Maître Xavier Lefèvre à la chaire de professeur de clarinette au Conservatoire National de Musique de Paris. C'est lui qui introduit en France la technique de placer l'anche vers le bas, contre la lèvre inférieure, déjà en usage dans l'école allemande. Le successeur de Frédériech BEER est Hyacinthe KLOSE qui accède à ce poste en 1839.
On peut considérer que l'école belge de clarinette dérive de la tradition française.

Perfectionnements divers :

Sans grand succès, d'autres facteurs s'ingénient encore à perfectionner l'instrument et c"est ainsi qu"en 1823 SIMIOT présente à l'exposition du Louvre à Paris une clarinette sans âme, dite mécanique. En 1828, il construit une clarinette munie de 19 clés et invente l'âme de la clarinette, tube qui, émergeant de la perce du corps du haut, évite l'écoulement de l'eau par le trou du pouce de la main gauche.
En 1823, César JANSSENS présente à la même exposition que SIMIOT une clarinette dont les quatre premières clés sont munies à leur extrémité de rouleaux mobiles pour aider les doigts à glisser d'une clé à l'autre.
Le système MULLER est encore amélioré par le Belge E. ALBERT, par H. BARMANN et, en 1845, par Adolphe SAX qui crée deux anneaux pour permettre à la main droite de rectifier le Si naturellement bas. C"est le dernier apport fondamental à l'ancien système. Ce système serait parfois appelé Système ALBERT selon les dire du célèbre fabricant bruxellois. Cet instrument sera encore perfectionné par K. BARMANN (fils de Heinrich) en 1860. Ce sera avec une variante de cet instrument à 18 clés que le clarinettiste Richard MUHLFELD exécutera le quintette en Si mineur que BRAHMS a écrit à son intention en 1891.
Il est intéressant de constater que les quatrre oeuvres que BRAHMS a composées pour la clarinette datent de cette année. Il s'agit :
  • du quintette pour clarinette et quatuor à cordes
  • du trio pour clarinette, violoncelle et piano
  • deux sonates pour clarinette et piano
Avec la version améliorée qu"en firent OEHLER père et fils à Berlin, cette clarinette est restée jusqu"il y a peu de temps, le modèle préféré d'un certain nombre de clarinettistes allemands et d'Europe Centrale.
Actuellement, les clarinettes Système BOEHM sont de plus en plus jouées dans ces régions.

Le Système BOEHM :

En 1839, H. KLOSE et BUFFET trouvent la possibilité d'adapter le système BOEHM à la clarinette.
C"est une véritable révolution dans l'art de jouer de la clarinette.
Avec le nouveau système, beaucoup plus complet que le système MULLER :
  • les doigtés changent (il y a beaucoup plus de clés)
  • l'instrument répond mieux
  • la production des sons aigus est plus facile
  • la sonorité est meilleure et encore plus homogène
  • la justesse est nettement supérieure
  • les doigtés dits "fourchus" sont supprimés.
En 1825, la Maison BUFFET-AUGER, qui plus tard deviendra BUFFET-CRAMPON, commence à fabriquer des clarinettes d'après le système I. MULLER.
Le frère cadet de BUFFET-AUGER, Louis Auguste, travailleur infatigable et d'esprit inventif, a la bonne fortune de se lier d'amitié avec le clarinettiste H. KLOSE. Ce dernier n'est pas seulement un virtuose et un grand pédagogue, il a comme Louis-Auguste BUFFET, le génie de la recherche et de l'invention. Ils résolvent d'améliorer le mécanisme de la clarinette à treize clés en appliquant le principe des anneaux mobiles que l'Allemand Théobald BOEHM avait imaginé pour la flûte.
Suivant les traces du Suisse GORDON qui, vers 1827, avait imaginé un nouveau système, T. BOEHM part de l'idée que la place des trous ne doit pas dépendre de la commodité du doigté, mais bien des principes acoustiques régissant la meilleure résonnance, aussi sont premier souci est de rechercher les meilleures dimensions et la meilleure perce de l'instrument, pour chercher ensuite le mécanisme le plus favorable pour le jeu.
Il agrandit les trous (autrefois très petits) au point que les extrémités des doigts ne suffisent plus à les boucher, il adopte pour la tête de l'instrument une perce conique, et pour le corps une perce cylindrique. Le son est plus rond que celui de l'ancienne flûte. C"est également T. BOEHM qui met le système d'anneaux réunis par une tige mobile permettant de boucher plusieurs trous avec un seul doigt. Il eut pour conseiller scientifique le Professeur K. von SCHAFHAEUTL.
La clarinette, d'après le système BOEHM, est mise au point et exposée par BUFFET et H. KLOSE en 1839. BUFFET prend le brevet en 1844.
Bien entendu, comme c"est le cas pour presque toutes les innovations, il y a des critiques de la part de certains virtuoses habitués à la clarinette à treize clés. Il faut dire que nombre de doigtés changent.
Toutefois, le nouevau système apporte tellement d'améliorations techniques (doigtés, trilles et batteries plus faciles ou rendus possibles), qu"il ne tarde pas à s'implanter. Certes, la chaire qu"occupait H. KLOSE au Conservatoire de Paris a dû facilitait le rayonnement de l'invention.
Par ses qualités de justesse et de virtuosité, cet instrument révolutionne le monde de la clarinette et il s'impose partout dans le monde.
On peut dire qu"à peu de chose près, le système n'a plus changé dans sa structure depuis près de cent quarante ans.
Est-ce dire qu"il n'y aurait pas eu d'évolution dans ce domaine depuis cette époque ? Au contraire : depuis, les fabricants ont fait preuve d'ingéniosité en cherchant sans cesse à améliorer la technique, la justesse et l'homogénéité sonores.
Ainsi :
  • en 1845, F. LEFEVRE construit une clarinette sur laquelle, au moyen d'anneaux mobiles, il supprime tous les doigtés dits "factices" de la clarinette à treize clés sans rien changer à la position de la main gauche.
  • en 1845, BLANCOU, clarinettiste, fait construire un instrument qui, sans changer les doigtés de la clarinette à treize clés, procure les mêmes avantages que la clarinette système BOEHM.
  • en 1852, GYSSENS fait une clarinette dont les trous, les clés et les anneaux sont disposés de manière à allier la justesse et les facilités du système BOEHM aux doigtés de la clarinette à treize clés.
C'est à tort qu'on situe entre les années 1846 et 1848 l'adjonction d'un baril. En effet, celui-ci se trouve déjà dans un jeu de trois clarinettes en Do, Sib et La découvertes dans un étui qui constituait le nécessaire d'un clarinettiste d'orchestre des années 1820.
Ce jeu, signé TUERLINCKX de Malines, se compose pour chaque instrument :
  • du bec
  • d'un baril
  • du corps supérieur
  • du corps inférieur
  • d'un corps intermédiaire : c"est celui-ci qui porte les clés principales, mais cette partie n'existe plus dans les clarinettes modernes qui ne comportent plus que deux corps porteurs de toutes les clés
  • du pavillon
Seule la clarinette en La emprunte à la clarinette en Sib le corps intermédiaire et le pavillon.
A noter aussi que l'étui contient en plus un corps supérieur et un un corps inférieur pour remplacer les parties correspondantes de la clarinette Sib au cas où il faudrait s'accorder à un diapason plus élevé. Ces pièces sont donc un peu plus courtes.
Dans la seconde moitié du XIXième siècle, F. LEFEVRE s'associe avec Andyor ROMERO, clarinettiste espagnol de grand renon et professeur au Conservatoire de Madrid, pour construire la clarinette appelée "ROMERO". D"un mécanisme merveilleux et de conception tout à fait nouvelle, cet instrument beaucoup plus complexe que celui de H. KLOSE, est exposé en 1867 à l'Exposition Universelle de Paris.
Dans la seconde moitié du XIXième siècle, différents instruments sont encore fabriqués. Il s'agit surtout de combinaisons entre les systèmes BOEHM et MULLER :
  • la clarinette à treize clés et deux anneaux placés sur le corps de la main droite (Fa fourche)
  • la clarinette à quatorze clés (la quatorzième clé est placée à portée de l'index droit et sert à triller les notes La et Sib)
  • la clarinette à quinze clés et deux anneaux (généralement appelée demi-BOEHM)
De son côté, le facteur belge E. ALBERT, expose lui aussi un instrument perfectionné à l'Exposition Universelle de 1867.
ROMERO et ALBERT apportent deux nouvelles réformes à la clarinette. Leurs moyens sont analogues, ils ne diffèrent que dans le mode d'exécution.
Ils ont amélioré le timbre et la justesse du Sib au moyen d'un trou spécialement destiné à cette note; dans la clarinette ordinaire, la même clé sert à produire en plus de cette note, la série des douzièmes.
Pour le système ROMERO, il est plus facile de produire les notes du médium (Sol#, La, Sib).
De même que les trilles Fa, Fa#, Sol, Sol#, La, Sib.
Les mêmes avantages se trouvent sur le système ALBERT.
De plus, en réunissant les deux corps principaux en un seul tube, ROMERO a dû percer un trou qui donne l'intonation juste au Do# et de sa douzième Sol#. . De plus, par un système simple et ingénieux, il est maintenant possible de faire le trille Si - Do# .
Enfin, grâce aux deux nouveaux systèmes, les vibrations de la colonne d'air n'étant plus troublées par des courses anormales, les sons du registre supérieur peuvent être joués avec douceur et les accidents appelés vulgairement "couacs" ne se produisent plus.

Nota Bene : Différences entre clarinette Système BOEHM et Système OEHLER
La perce du système OEHLER (allemand) est plus étroite, l'anche est plus courte et un peu plus étroite, ce qui produit une sonorité plus acidulée et plus pénétrante.





La première moitié du XX°siècle :

Le système BOEHM est connu et apprécié dans le monde entier. Plusieurs tendances de perfectionnement ont vu le jour:
  • des essais sont effectués pour ajouter des clés afin d'obtenir des quarts de tons
  • en 1949, naissance du système appelé double Boehm (dont la carrière fut très courte)
  • appliquant les découvertes techniques les plus récentes, les grandes Maisons ont surtout comme souci d'améliorer sans cesse le système BOEHM pour obtenir si possible de meilleurs résultats sur les plans de la technique, de la justesse, de l'émission,...

La seconde moitié du XX° siècle :

Alors que les grandes firmes continuent dans la même voie (améliorer le rendement du système BOEHM), le clarinettiste Joseph MARCHI, professeur au Conservatoire de Musique de Marseille, met au point un système qui, tout en gardant la technique du système BOEHM, permet - grâce à quelques clés supplémentaires - d'obtenir une étendue beaucoup plus grande. Il confie la réalisation de cet instrument à la Maison SELMER.

La facture des clarinettes :

Bien que le système BOEHM prédomine nettement il existe d'autres systèmes dont l'importance paraît secondaire.
Ainsi, il y a une cinquantaine d'années, on pratiquait en Angleterre le système CLINTON qui est basé sur le même principe que le BARRET ACTION de la Maison Albert de Bruxelles (avec une clé de résonance pour le Fa fourche).
Quelques anciennes marques anglaises ayant été modernisées sont encore jouées : LOUIS, RUDALL et CARTE.
Les clarinettes HAMMERSCHMIDT (Autriche) et VEBEL (Allemagne de l'Est) qui n'ont pas repris le système BOEHM sont encore quelque peu utilisées de nos jours.
Une nouvelle invention aurait pu révolutionner la clarinette, son jeu, son étude et même le monde musical : KHOLER met au point une clarinette permettant de jouer les quarts de ton. Cet inventeur travaillait à Graslitz (Hongrie) pour la Maison KOHLERT U SOHNE. le compositeur VICHNEGRADSKY situe cette invention vers 1905 et d'autres spécialistes la situent vers 1920. Construite en très petites séries, cette clarinette est d'une technique extrêmement compliquée (sept clés dont deux avec rouleaux à articuler avec l'auriculaire de la main gauche, trois clés destinées à l'auriculaire droit, cinq clés de cadence et une clé pour le pouce de la main droite).
A notre connaissance, il faut attendre 1948 (brevet déposé en mai 1948) pour voir apparaître un nouveau système, la clarinette double BOEHM, inventée par HOUVENAGHEL, installé en France, mais d'origine belge.
Ce système supprime les difficultés de doigté lorsque l'on aborde les passages qui se situent de part et d'autre du Do aigu .
De plus, la correspondance entre les deux principaux corps de l'instrument disparaît et il est possible de produire certains harmoniques 5 que l'on ne peut obtenir avec les systèmes BOEHM et OEHLER. On joue avec les mêmes combinaisons de doigtés à la main droite et à la main gauche (il s'agit des index majeurs et annulaires).
Mais pour jouer de cette clarinette, les clarinettistes doivent réapprendre leur instrument. Si l'avantage avait été plus important, il est fort probable que progressivement les clarinettistes se seraient imposé ce travail.
Un nouveau système vient de voir le jour ou plutôt un système complémentaire au système BOEHM: en septembre 1971, Joseph MARCHI, professeur au Conservatoire de Marseille, dépose son premier brevet.
La combinaison qu"il met au point a un très net avantage sur le système double BOEHM car d'une part, il garde les mêmes doigtés que le système BOEHM (l'interprète peut jouer comme il en a l'habitude si tel est son souhait) et d'autre part, s'il le désire, il peut appliquer le jeu proposé par MARCHI.
Dans ce cas, l'étendue de l'échelle sonore est plus grande puisqu"il est possible de produire la série des cinquièmes sons harmoniques (à l'exception du sol aigu pour lequel MARCHI a ajouté un petit mécanisme afin de compléter la série des sons 5).

Dans le futur :

Quelle que fut l'ingéniosité que déployèrent les novateurs, LEFEVRE, ROMERO, BLANCOU et GUYSSENS, entre 1845 et 1852 dans le but de maintenir les anciens doigtés, tout en profitant des avantages des anneaux mobiles, ils ne réussirent pas à faire adopter leurs inventions. En sera-t-il de même du système MARCHI ?
Il est difficile d'être prophète en cette circonstance, mais tout ce que l'on peut dire à l'heure actuelle, c"est que ce type de clarinette étant plus lourd qu"une clarinette normale, il est difficile de la faire adopter par les instrumentistes car elle demande une remise en question complète. Les clarinettistes ne sont peut-être pas disposés pour le moment, à prendre plusieurs semaines pour s'adapter à cet instrument. C"est très certainement la raison de l'échec du système MARCHI. Peut-être l'avenir donnera-t"il donc raison à cet homme dont les recherches ont fortement contribués à l'évolution dans la connaissance de l'instrument.
La clarinette mise au point par H. KLOSE et BUFFET offre de grandes possibilités expressives. Sans nuire à ses qualités, bien que sa sonorité soit différente, le système MARCHI ouvre d'autres perspectives.

La clarinette et les compositeurs :

Les progrès techniques de l'instrument au début du XX siècle ouvre pour la clarinette de nouveaux horizons. On n'hésite pas à lui donner des solos et des traits difficiles, parfois même très difficiles comme en témoignent les oeuvres de RAVEL comme "Daphnis et Chloé". On découvre aussi toute la famille de la clarinette. La petite clarinette pour son coté tantôt perçant dans l'aigu parfois mélancolique dans le grave, et la clarinette basse pour son côté caverneux et mystérieux amènent des couleurs nouvelles à l'orchestre qu"exploitent à merveille DEBUSSY, RAVEL, STRAVINSKY. En Europe de l’Est, la clarinette est l'instrument roi : SMETANA, BORODINE, BARTOK l'utilisent sans parcimonie.
A l'heure actuelle enfin, les compositeurs contemporains ont fait exploser les possibilités techniques de l'instrument, poussant l'interprète dans ses derniers retranchements. Dans les nuances d'abord, nuances extrêmes avec des sons presque inaudibles, suivis de sons si puissants à s'en boucher les oreilles ; puis dans la tessiture, avec une utilisation systématique et à des hauteurs de plus en plus élevées du suraigu ; dans le technique ensuite, avec des traits comportant de grands intervalles à des tempi toujours plus élevés ; et enfin dans l'emploi d'effets nouveaux (slap, flatterzung, quart de ton, vibrato, glissando...).
La clarinette aujourd'hui est omniprésente dans tous les styles de musique (jazz, classique, contemporain, variété, folklore) et, si l'on en croit Pierre BOULEZ, un instrument promis à un bel avenir.


Description :

L'instrument se divise en cinq parties :
  • le bec : partie sur laquelle est fixée l'anche
  • le barillet (ou baril) : partie permettant le réglage de la justesse de l'instrument
  • le corps supérieur relatif à la main gauche
  • le corps inférieur relatif à la main droite
  • le pavillon : partie essentielle du système acoustique de l'instrument

Technique :

Contrairement aux autres "bois", la clarinette fonctionne comme un tuyau bouché. De ce fait, sa note fondamentale est plus basse d'une octave et elle quintoie (les autres instruments octavient), ce qui lui donne une étendue de trois octaves et une sixte que l'on obtient au moyen de 110 combinaisons auxquelles il convient d'ajouter les nouveaux doigtés factices et harmoniques ainsi que les combinaisons pour les sons multiples, flageolets, etc...
La clarinette est percée de dix-huit trous (onze pour les autres bois) et dotée d'un mécanisme compliqué qui permet un jeu véloce, mais qui exige de longues études pour être maîtrisé.
Son étendue de divise en plusieurs registres :
  • le chalumeau, où elle se fait intimidante.
  • le médium, plus réservé.
  • le clairon, éclatant.
  • le suraigu, strident.


les différentes clarinettes :

Comme leurs ancêtres les chalumeaux, les clarinettes forment une famille.
Autour de la grande clarinette en Sib (la plus jouée) ou en La, se groupent différents types étagés tout au long d'une échelle sonore dont l'étendue couvre environ 7 octaves de 29 à 3322 vibrations.
Chaque espèce présente le même doigté et une étendue équivalente ou presque, seule la forme varie. Les instruments aigus sont les plus courts, les graves s'adjoignent un pavillon recourbé en métal comme certains saxophones.
Actuellement, la famille des clarinettes se compose de 11 membres :

Naissance de ces instruments :

Les clarinettes en Ut, Sib et La remontent au XVIIIième siècle.
La clarinette d'amour est un autre type de clarinettes qui a vu le jour vers 1750. Sa particularité consiste dans son pavillon dont l'ouverture se rétrécit à la partie inférieure et affecte le contour piriforme qui caractérise aussi le cor anglais moderne.
La colonne d'air suit une courbe parallèle à la courbe extérieure du pavillon, il en résulte une légère modification du timbre, limitée aux intonations produites par le pavillon et par les trous latéraux qui sont les plus proches.
On l'a construit dans différents tons, notamment en Fa, Sol, Lab, La et Ut.
Le cor de basset (bassethorn en allemand, corno di bassetto en italien) en Fa, est à la quinte inférieure de la clarinette en Ut.
Généralement, les clarinettes descendent au Mi grave mais le cor de basset descend au Do
Son invention paraît remonter vers 1750 selon les uns, vers 1770 selon les autres. Son inventeur était installé à Passau (en Bavière). L"instrument subit ensuite les perfectionnements que lui apportèrent Théodore LOTZ à Presbourg en 1782, par les frères STADLER et en 1812 par I. MULLER.
MOZART affectionnait particulièrement cet instrument. Il en a fait un brillant emploi dans plusieurs compositions. Il a écrit deux parties pour cet instrument, dans plusieurs opéras, dans plusieurs lieder, et dans son Requiem.
Une autre clarinette basse en Sib a vu le jour à Dresde. Son inventeur, Henri GRENSER construisit cet instrument en 1793 et l'appelait klarinetten-bass. Cet instrument descendait jusqu"au Si .
Les premiers essais de clarinette contrebasse seraient dûs à DUMAS de Paris qui aurait construit en 1810-1811, une clarinette basse nommée basse guerrière et une clarinette contrebasse dénommée contrebasse guerrière.
I. MULLER construit des clarinette altos (en partant du cor de basset) en 1812 accordées soit en Fa, soit en Mib.
Vers 1815, la clarinette en Mib fait son apparition. Avec la clarinette en Ré, elles remplaceront la clarinette en Fa.
En 1828, J.H.G. STREIWOLFF (Gottingen, 1779-1837) perfectionne la clarinette basse de GRENSER. Construite à l'octave grave de la clarinette en Ut, il la fit descendre, grâce à des clés supplémentaires, jusqu"au Sib .
J.H.G. STREIWOLFF a également inventé une clarinette contrebasse en 1829. Cette clarinette descend exactement à l'octave basse du cor de basset.
Une troisième clarinette contrebasse ou clarinette à pédale était l'oeuvre de Fontaine BESSON de Paris. EVETTE et SCHAEFFER en ont construit également une.
En 1836, A. SAX perfectionne la clarinette basse. Cet instrument devient beaucoup plus juste, a un timbre plus riche et plus pénétrant. A. SAX lui donne la forme que nous lui connaissons. Son premier emploi à l'orchestre remonte à 1836 dans les "Huguenots de Meyerbeer" et un peu plus tard dans le "Prophète".
Il existait au début du XIXième siècle un autre instrument, le Glacibarifono de P. MAINE à Milan qui en fait, n'est autre qu"une clarinette basse descendant à l'Ut grave, à double colonne d'air parallèle et à pavillon vertical.
Cette forme serait due dit-on, à Catterino CATTERINI de Bologne, qui fit entendre pour la première fois avec un grand succès, un instrument semblable le 12 février 1838 au téâtro Communale di Modena (Italie).
Une autre clarinette basse est l'oeuvre de Nicolas PAPALINI, facteur italien installé à Chiaravalle au début du XIXième siècle.
Cette clarinette basse, dite serpentine, en raison de sa forme, a le corps formé de deux coquilles de bois dans lesquelles on a creusé la moitié du canal cylindrique dont le parcours ondulant est suivit par la courbe extérieure des coquilles. Cette conbinaison a pour but de diminuer la longueur de l'instrument.
En 1839, J.F. WIEPRECHT, directeur des corps réunis de la Garde Royale de Prusse, et Ed. SKONA, facteur d'instrument à la Cour Royale à Berlin, imaginent un instrument baptisé batyphon, sorte de clarinette contrebasse en Ut.

Hector BERLIOZ :

La clarinette (en Sib) est un instrument épique (la frivole gaieté ne paraît pas lui convenir). Sa voix est celle de l'héroïque amour. Les unissons des clarinettes semblent représenter les amantes que le bruit des arènes exalte.

André GRETRY :

La clarinette en Sib est un instrument qui exprime la douleur. Lorsqu"il exécute des airs gais, il y mêle encore une certaine teinte de tristesse. "Si l'on dansait dans les prisons, je voudrais que ce fût au son de la clarinette".

GEVAERT :

Son timbre réalise à un degré imminent les qualités maîtresses de cette voix instrumentale, pureté et mordant joint l'éclat à la douceur.

Emile ZOLA (Qui a pratiqué la clarinette) :

Cet instrument représente l'amour sensuel, tandis que la flûte représente tout au plus l'amour platonique.

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